• Quelle est la place du poète dans la cité ? : le poète est un « plâtrier du langage ». La langue est un matériau qu’il ne faut pas laisser aux mains de ceux qui figent les mots et les enferment dans des sens uniques.
  • Les poètes sont ceux qui travaillent la langue pour qu’elle reste vivante, souple, plastique, ceux qui rendent aux mots « leur dimension de formes ouvertes »
  • Dans certaines cultures, le poète est « celui qui chante », qui enchante par la langue, pour que la vie reste un « enchantement »
  • Quel rapport avec les autres arts ? : : comme la peinture, la musique, le langage sert à créer des représentations mentales
  • Comment devient-on poète ? une adolescence compliquée. La poésie comme moyen de dénouer la complexité. De la ré agencer pour « être là où je trouvais ma place »
  • Et comme enjeu plus profond, le droit à la parole « prendre la parole »
  • Le rapport à la complexité de l’écriture : Le poète découvre entre le poème à son origine et ce qu’il va devenir, un entredeux qu’il ignore. « Ecrire consiste à travailler avec les mots et à être travaillé par eux », « ne pas laisser les mots se laisser réduire à leur prétendue substance, comme s’il s’agissait d’une matière stable ». Le poète devient alors révélateur d’un poème qui a son existence propre. Il s’agit d’un long travail, plusieurs années parfois.
  • Le poète doit être d’une grande humilité et reconnaitre alors son ignorance face à se qui se joue.
  • L’absence de ponctuation : ouvre des perspectives de constructions multiples, de lectures multiples. Liberté pour le lecteur de poser ses propres scansions, son propre rythme.
  • Poésie abrupte, élitiste ?
  • Il faut plutôt parler de densité : tentative de dire le maximum avec le minimum de matériaux
  • Les mots sont des mots simples
  • Le manque de clarté immédiate induit un espace de liberté. Tout ne doit pas être en pleine lumière La transparence peut devenir une forme de pouvoir.
  • Peux t on tout dire avec le langage ? On ne peut pas tout dire, on ne devrait pas tout dire. On ne sait pas tout de ce qu’on dit

« J’écris contre un reflexe consumériste. Je deviens violent mais avec la puissance de la douceur »

  • Contredire, contrechant : pouvoir que chacun a à une vraie affirmation

« A l’aide de quelques mots, je me donne les moyens de ne pas être dit, de ne pas me faire avoir »

  • Poésie engagée ? : la littérature engagée peut réussir, sans avoir l’air de s’engager. Hors de l’expression déclamatoire qui peut mener à l’épuisement.
  • Naturellement, on est engagé dans l’existence. Engagé dans une pensée critique.
  • Il s’agit bien de ne pas se « faire avoir » par un discours dominant.
  • Réinterroger mots et expressions convenus, slogans et mots d’ordre, ne pas laisser « identifier un mot à une chose ou à une signification donnée une fois pour toute » Ex : « seuil de tolérance »
  • L’important est de re-charger, ré-armer le langage, redonner leurs angles aux mots, un tranchant, des terminaisons pour retrouver le plaisir
  • « Nous nous servons du langage comme d’une drogue douce qui nous stupéfie, entourés de trafiquants »
  • « Je suis vivant
  • Tu es vivant..
  • Nous sommes vivants.. »

Agnès Bellec, médiathèque de Pontanézen